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Point chaud de la biodiversité #12 |
Les insectes canadiens eux aussi adorent le sirop d’érable!
Trois espèces de papillons nocturnes en particulier (L. innominata, E. tristigmata et E. vinulenta) semblent être très friandes de sucre. Ces papillons maintiennent leur corps à une température supérieure de 10° C à celle de tous les papillons nocturnes, parce qu’ils ont adapté leur aptitude à trembler pour garder leur chaleur et ont autour du thorax des sacs alvéolaires qui leur servent d’isolant. Ils sont également actifs en hiver, lorsque la température s’élève au-dessus du point de congélation. Ces papillons nocturnes ont besoin du sucre du sirop pour allouer suffisamment d’énergie à tous ces processus physiologiques et adaptations particulières. C’est pourquoi ils s’en gorgent, lorsqu’ils en ont l’occasion. Ils sont capables d’absorber l’équivalent de 94,5 % de leur poids corporel en sirop d’un seul trait… Oh, avoir une chance pareille! |
Point chaud de la biodiversité #11 |
Vivre à flanc de falaise Dans les fissures des falaises rocheuses de l’escarpement du Niagara, des arbres vieux de 1000 ans ont trouvé moyen de pousser, s’exposant à la rudesse des éléments, à une croissance au ralenti et à la solitude… tout ça pour profiter de la vue!
Comme c’est aussi l’une des régions les plus peuplées de la province, la biodiversité subit les fortes pressions de l'urbanisation. C’est pourquoi, en 1985, le Plan d'aménagement de l'escarpement du Niagara a été mis au point. Ce premier grand plan d’aménagement du territoire tenant compte de l’environnement au Canada équilibre la protection, la conservation et le développement durable, en vue de garantir que les arbres pourront conserver leur vue sur le paysage et que l’escarpement demeurera un environnement naturel pour les générations futures. |
Point chaud de la biodiversité #10 |
Voici un indice : il figure sur nos pièces de 25 cents depuis 1937. Réponse : c’est le Caribou des bois! Quand un caribou est confronté à une menace potentielle, il se dresse sur ses pattes postérieures et lance un avertissement en émettant, à l’aide de son organe de Nasanoff, situé au niveau de ses chevilles, une odeur qui empeste et alerte ainsi tous les autres caribous de l’endroit. Évidemment, si notre caribou savait que toute sa population est menacée, il se lancerait probablement dans un festival d’odeurs infectes! Les principaux facteurs de son déclin sont la perte, la dégradation et le morcellement de son habitat. Dégradation et perte d’habitat entraînent une réduction spatiale ou qualitative de l’habitat du Caribou, comme c’est le cas à la suite d’événements tels que les feux de friche ou le bûcheronnage, de même que du fait de l’étalement des populations humaines. Le morcellement de l’habitat, c’est la fragmentation des aires d’habitat résultant de la présence de routes, de l’exploitation forestière ou minière, de pipelines et d’autres aménagements. Or, les caribous de la forêt boréale ont besoin de grandes aires d’habitat forestier ancien, relativement non perturbé, où se déployer. Ainsi, les prédateurs ou les chasseurs ont plus de difficulté à les trouver. De plus, ces animaux dépendent des lichens, dont les forêts anciennes ont tendance à être plus riches. |
Tiens, un oiseau! Non, c'est un avion... Mais non, c’est la plante la plus rapide de la Terre! Le Quatre-temps (ou Cornouiller du Canada) est la plante terrestre la plus rapide. On trouve cette espèce indigène au Canada d’un océan à l’autre, dans les régions boisées et en particulier les forêts de conifères. Au printemps, elle présente des feuilles vertes et de jolies fleurs blanches, tandis qu’en été elle se couvre de baies rouge vif. Et à l’automne, ses feuilles prennent une magnifique couleur bourgogne. D’où lui vient sa rapidité? Hé bien, c’est une affaire de pollen. Au centre de chaque fleur se trouvent plusieurs petits boutons hermétiquement fermés. Chacun d’eux est muni d’une gâchette – un filament d’1 mm qui dépasse du bouton et attend ... attend ... attend. Jusqu’à ce qu’un insecte qui ne se doute de rien passe par là et déclenche l’ouverture explosive du petit bouton, le jaillissement des anthères et la libération du pollen avec une telle force que chaque grain subit 800 fois la force de gravité qui s’exerce sur la navette spatiale au décollage! L’insecte se retrouve couvert de pollen, l’emporte avec lui et fertilise les autres plantes par la même occasion. Il y a des plantes et des animaux aussi fascinants que le Quatre-temps juste à votre porte! Alors, que l’Année internationale de la Biodiversité vous serve de prétexte pour rétablir des liens avec le monde naturel. |
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Point chaud de la biodiversité #8 |
Notre plan d’eau est-il en santé? L’éphémère (alias mouche de mai, éphémère commune ou vulgaire) est l’un des insectes ailés les plus communs. Une fois l’œuf éclos, il passe la majeure partie de son cycle de vie à l’état de nymphe folâtrant dans la vase, au fond des lacs, des rivières, des cours d’eau et des ruisseaux et se régalant de minuscules morceaux de détritus végétaux. Sous sa forme adulte, il vit moins de 24 heures — juste assez longtemps pour s’accoupler et assurer la prochaine génération. Il en existe 630 espèces différentes en Amérique du Nord et 2500 au monde! La nymphe d’éphémère étant très sensible à la pollution et aux faibles teneurs en oxygène dans l’eau, les chercheurs et les environnementalistes ont souvent recours à la surveillance des populations pour mesurer la salubrité des écosystèmes d’eau douce. En effet, la présence de nombreux éphémères signifie que l’eau est saine. Pour la plupart des gens, leur expérience des éphémères consiste à nettoyer la table de pique-nique de tous les cadavres. Alors, la prochaine fois que vous vous assiérez près d’un lac et que vous verrez un éphémère, réjouissez-vous d’être au bord d’une eau saine ! |
Point chaud de la biodiversité #7 |
Un peu d’air pour le corail « bubble-gum »!
Les coraux d’eaux froides sont extrêmement fragiles. Comme ils sont très cassants, toute perturbation physique ou presque peut les détruire et, une fois détruits, il pourra leur falloir des centaines d’années pour se rétablir, en raison de la lenteur de leur rythme de croissance. En revanche, un chalutier peut entièrement raser un vieux récif millénaire en quelques heures à peine, laissant derrière lui une cicatrice sur le plancher océanique.
D’un océan à l’autre, la population canadienne peut protéger la biodiversité des coraux d’eaux froides, en choisissant des produits de la mer durables et en retirant ainsi son soutien indirect à la pêche au chalut. |
Point chaud de la biodiversité #6 |
Victimes des routes océaniques Des eaux de l’Arctique à celles des Tropiques, on trouve des épaulards dans tous les océans de la planète (notamment dans les trois qui bordent le Canada). Ils vivent en troupes de 40 à 50 individus, peuvent vivre 50 à 80 ans et n’ont aucun prédateur naturel. Ces animaux intelligents sont de redoutables chasseurs qui, collaborant avec ruse, traquent en troupe toutes les proies, des calmars aux tortues de mer, en passant par les poissons, les baleines, les phoques et les oiseaux marins. Pourtant, il se trouve que ces « baleines tueuses », qu’on appelle aussi des orques, figurent sur la liste de la Loi sur les espèces en péril, à titre d’espèce « préoccupante, menacée et en voie de disparition » dépendant de l’océan.
La pêche dont le produit est destiné à nos biens de consommation et celle qui assurera notre alimentation font peser des menaces sur l’épaulard. L’Année internationale de la Biodiversité est une occasion de repérer les cas où les gens ont un impact négatif sur des espèces et de réfléchir à des manières créatives de vivre de manière durable, côte à côte avec les espèces sauvages. |
Point chaud de la biodiversité #5 |
Hé bien, en voilà de la bonne terre! Au Canada, certains des sols les plus fertiles naturellement se trouvent dans les prairies de Saskatchewan et d’Alberta. On appelle tchernoziom la riche terre noire qui contient une proportion très élevée d’humus (compost). À mesure qu’ils croissent et meurent, les végétaux et les animaux laissent derrière eux des minéraux et des matières organiques. À leur tour, les recycleurs de la nature – insectes, arthropodes, vers de terre, bactéries et champignons microscopiques – consomment la matière organique où ils s’installent, s’y déplaçant et la mélangeant constamment. Quelle bonne vie! Ces divers êtres vivants, les déchets qu’ils produisent et les restes d’autres êtres vivants participent tous à la santé du sol. Les pratiques agricoles à grande échelle influent sur la composition naturelle du sol, dont les plantes absorbent les nutriments en croissant. Cependant, comme celles-ci sont souvent prélevées en totalité pendant la récolte, au lieu d’être laissées dans les champs pour y être recyclées, les nutriments et la matière organique retournent rarement dans le sol. De plus, des plantes différentes ont des besoins nutritionnels différents. Donc, dans les champs où il n’y a pas de diversité végétale, après quelques saisons de végétation seulement, tout ce dont une variété de plante a besoin pour croître est utilisé. C’est pourquoi il devient nécessaire de retourner artificiellement les nutriments au sol – à l’aide d’engrais. Dans les pays en développement, notamment, où la survie des collectivités dépend de l’agriculture locale, le sol doit être utilisé de manière à préserver son intégrité. Le thème de la Journée internationale de la Biodiversité (IDB) 2010 est « Biodiversité, développement et réduction de la pauvreté ». Cette année, vous êtes conviés à apprendre à comprendre, respecter et aimer votre terre. Favorisez des solutions qui permettent de réduire la pauvreté et encouragent l’utilisation durable des ressources et la préservation de la biodiversité. Creusez-vous la tête et … à vos bêches! |
Point chaud de la biodiversité #4 |
Dans un monde où la nature intacte est une rareté Le bassin versant de la rivière Peel, au Yukon, est l’une des plus vastes et plus belles aires naturelles intactes d’Amérique du Nord. La majeure partie de ses 68 000 km2 est vierge. Il abrite des espèces rares ou menacées ailleurs, notamment des grizzlis, des carcajous, des martres d’Amérique, des faucons pèlerins, des caribous des landes, de montagne et des forêts, ainsi que des végétaux de la Béringie. Pour les Premières nations, le bassin versant de la rivière Peel est un paysage culturel ancien et une importante aire de prélèvement de poissons et d’espèces sauvages. Du fait de l’exploitation minière et de l’extraction pétrolière et gazière, ce paysage éblouissant est menacé de fragmentation, ainsi que de perdre son délicat équilibre écologique. En décembre 2009, après des années de recherches, de consultations et de planification, le conseil de l’aménagement du territoire du bassin versant de la rivière Peel a recommandé de protéger 80 % de ce dernier (www.peel.planyukon.ca). Jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise, le gouvernement du Yukon a décidé de soustraire tout le bassin versant de la rivière Peel au jalonnement minier et à l’attribution de droits pétroliers et gaziers, pendant un an. Cette année, le thème de la Journée de la biodiversité est « Biodiversité, développement et réduction de la pauvreté ». Au Canada, cela implique de promouvoir la préservation des écosystèmes non perturbés et ayant une importance culturelle. En intégrant considérations relatives à la biodiversité et élaboration des politiques, nous pouvons nous assurer de la protection de ces espaces rares et magnifiques. |
Point chaud de la biodiversité #3 |
Le phytoplancton! La base de la chaîne alimentaire marine
L’acidification des océans, qui découle de l’augmentation des concentrations de CO2 dans l’atmosphère, influe sur les populations de phytoplancton en réduisant la disponibilité dans l’eau des ions fer et carbonate, deux éléments essentiels à leur survie. Le cas du phytoplancton nous incite à voir comment la combinaison de toutes les petites mesures prises en vue de réduire la quantité de CO2 pénétrant dans l’atmosphère peut avoir des effets cumulatifs fantastiques. Durant l’Année internationale de la biodiversité, nous pouvons nous lancer le défi de prendre de telles mesures et comprendre les répercussions de notre mode de vie sur les écosystèmes qui nous entourent – et jusqu’aux plus petites créatures de l’océan. |
Point chaud de la biodiversité #2 |
Cimetière de l'Atlantique nord … pas si sûr! L’île de Sable est une barre sableuse éloignée, située à 150 km au large des côtes de la Nouvelle-Écosse. Elle a été surnommée le « Cimetière de l'Atlantique nord » pour avoir causé plus de 350 naufrages. Et puis, les gens qui y ont vécu n’ont pas été plus chanceux que les navires qui ont croisé dans ses parages. Ses habitants historiques n’ont tenté d’y faire de l’agriculture que pour voir leurs champs emportés par l’océan. Ils ont essayé d’introduire des populations de chevaux, de vaches, de cochons, de moutons, de lapins, de rats, de chats, de chiens et de renards pour les voir toutes périr sauf celle de chevaux. L’île de Sable a à coup sûr gagné son surnom en s’avérant tout à fait inhabitable.
L’Année internationale de la biodiversité est une occasion de célébrer la diversité et de nous souvenir que chaque bout de terre abrite quelque chose. Les humains ne sont qu’une espèce parmi le 1,75 million d’espèces sur Terre. Toutefois, même si nous ne sommes qu’une part infime de la biodiversité, l’heure n’est pas à notre modestie proverbiale, parce que nous sommes la seule espèce ayant le pouvoir et la responsabilité de protéger toutes les autres. |
Point chaud de la biodiversité #1 |
Des plantes carnivores et plus de 50 espèces de papillons … dans le Nord de l’Ontario!? Avec 73 espèces d’oiseaux, 53 de papillons et 5 de plantes insectivores, la tourbière Williams de Thunder Bay (Ontario) présente un profil de biodiversité qu’on s’attendrait à trouver dans un paradis tropical. La tourbière de 600 ha située dans les limites de la ville est tout ce qui subsiste de celle qui, à l’origine, recouvrait toute la région. Cette « Mecque de la biologie » fournit à la ville des services écosystémiques vitaux. En effet, cette tourbière filtre et purifie l’eau de pluie et de ruissellement et c’est une aire de reproduction pour les insectes qui en retour pollinisent les cultures et les végétaux qui expirent de l’air pur. L’année 2010 est l’Année internationale de la biodiversité (AIB) : une occasion de réfléchir, d’éduquer et de reprendre contact avec la nature. Il existe des endroits comme la tourbière Williams partout au Canada, souvent juste à votre porte. L’activité humaine entraîne une perte de biodiversité qui est irréversible et menace le système qui entretient la vie et duquel nous dépendons. Nous appartenons à la biodiversité et avons le pouvoir de la protéger. |